La fête irlandaise équinoxiale du 1er Février – Sainte Brigitte

Publié 24 juillet 2017 par fransl
Catégories : Fêtes anciennes

Tags: , , ,

« Februarus » signifie en latin le mois des purifications. « Feabhra » en irlandais signifie le jour de la fête de Brigitte  »lá Fhéile Brighde »

Le Premier Février est le premier jour du printemps celtique. En effet la nouvelle saison mettra 40 jours à se réaliser pleinement et sera à son apogée à la Saint Joseph, le 19 mars. La tradition veut que l’on plante des pommes de terre ce jour là. En fait il n’y a que deux saisons dans la tradition celtique. L’Hiver et l’Eté commencent au quart de la Lune ascendante, respectivement proche du 1er Novembre et du  1er Mai.

En Irlande, ce soir là, le maître de maison présidait une cérémonie familiale: un repas amélioré au cours duquel il allumait des bougies. Dans la journée, avec des herbes sèches coupées dans la lande ou encore avec de la paille de l’année, il aura tressé une croix, dite de Sainte Brigitte. L’objet de piété sera pendu au-dessus de la fenêtre de la cuisine, ou dans la pièce orientée à l’Ouest, afin de protéger la maison des tempêtes et des éventuels enlèvements de la toiture par les vents. Le passage d’une saison à l’autre peut entraîner des violences météorologiques importantes. C’était aussi l’occasion de renouveler les litières des animaux domestiques.

Le chef de famille tressait également des ceintures de paille crios. Chaque membre de la famille et tous les animaux de la ferme devaient passer par cette ceinture, symbole de protection, un peu comme on passait sous la gerbe de gui au nouvel an en clamant : «Au Gui l’an neuf ! ». Le bétail recevait un nouveau collier de paille et d’or en guise de protection. [1]

[1] Une  large région, encore très boisée de nos jours, c’est l’ensemble des Ardennes Belges, Allemandes et Luxembourgeoises, très attaché encore jusqu’au milieu du siècle dernier aux traditions celtiques. Encore de nos jours Sainte Brigitte d’Irlande, fait l’objet de dévotions et de pèlerinages au couvent de Prüm dans les Ardennes Allemandes (Eifel). Dans sa chapelle les pèlerins peuvent vénérer la sainte  représentée par sa statue, accompagnée d’un veau. Elle est la patronne des poètes, des forgerons, des accoucheuses, des guérisseuses, des enfants, mais aussi elle est la protectrice des vaches et des veaux.

Le Premier Mai – Autour de la fête celtique de Beltaine

Publié 24 juillet 2017 par fransl
Catégories : Fêtes anciennes

Tags: , , , , , , , , , , , , , , ,

Beltaine, la fête du Druide, au 1er Mai, évoquait la nature blanche de l’Eté nouveau : pruneliers et aubépines en fleurs revêtent nos paysages à l’unisson à cette époque. Le muguet blanc cueilli au fond des bois n’est plus qu’un folklore de la tradition de cette fête d’ouverture. C’est au cœur des forêts que l’on se retrouve soit même comme les druides le faisaient. C’est dans la nature que le druide trouvait les réponses à toutes les questions métaphysiques qu’il se posait. Aussi les éléments naturels, l’eau (cours d’eau, fontaines etc.), l’arbre (la forêt) et la pierre (hauteurs et montagnes) constituaient des symboles ou des supports de méditations religieuses.

Toutes les fêtes celtiques commençaient la veille au soir par la fameuse Nuit des fées ou des sorcières. Cet évènement marque le passage d’une époque à une autre, d’un monde à l’autre, et, comme toute traversée elle comporte des dangers. Au cours de cette nuit les vivants pouvaient rejoindre ou rencontrer les êtres mystérieux de l’autre monde ou les morts; les imprudents risquaient d’être emportés par les fées venues par les fissures du ciel.

Le mois de Mai ne manque pas de traditions, d’usages et de survivances de croyances anciennes, pour beaucoup d’entre elles évanouies, sinon sorties de nos mémoires. Jusqu’au 19ième siècle encore les hommes arboraient au revers de leur veste une fleur d’églantine, sorte de rose minuscule sauvage blanche ou rose à 5 pétales. Elle signifie modestie, solitude, etc. Toujours au 19ième siècle encore, à Metz on partait en procession à la Porte des Allemands, le matin du Premier Mai. Là, se trouvait le « Bonne Fontaine » dont on buvait l’eau. Ensuite, on dansait, mais on portait à la boutonnière une petite branche de verveine, l’herbe sacrée par excellence, dont parle Pline l’Ancien à propos des druides[1] Jadis, il était courant de s’offrir une branche fleurie d’aubépine. Celle-ci aurait le pouvoir de protéger les maisons de la foudre.

L’aubépine, de nature hermaphrodite vierge et mère en quelque sorte, était la résidence des fées pour le monde celtique. Elles dormaient dans les racines de l’arbuste. On a découvert en effet enfouies au pieds ceux-ci nombre de vierges noires.

Arbre de Mai et couronnes de Mai

A la fameuse veillée, les villageois dressaient au milieu du village le tronc d’un sapin de haute taille, décoré de rubans rouges et blancs. Ils suspendaient à son sommet la couronne de mai et en fête ils dansait et chantaient tout autour. Des feux brûlaient à proximité de la manifestation. Tombée en désuétude depuis le 19ième siècle, cette tradition reste encore bien vivante en Forêt Noire, en Bavière et en Autriche notamment. Le fait de danser autour du tronc symbolisait les mouvements de la Terre et du Soleil.

La couronne placée au sommet de l’Arbre de Mai était confectionnée par des jeunes gens des associations dites de jeunesse qui s’étaient rendus peu de temps avant la fête en forêt couper des branches feuillues de chêne ou de hêtre. Un premier Mai dans les montagnes autrichiennes est impressionnant par le nombre de jeunes (Bergschützer) descendus de leur village dans la vallée participer de la fête de l’arbre. D’autres couronnes secondaires allaient décorer la porte du local de l’association ou de son président ou encore à l’entrée de la maison du Maire du village. C’était également l’occasion de ripailles.

Après la fête, ces troncs d’arbres étaient trainés sur une hauteur et laissés là jusqu’au solstice d’été pour y être brûlés lors des fameux Feux de la Saint-Jean.

Enfin, au Moyen-âge un arbre était planté devant la fenêtre des jeunes filles dans la nuit du Premier Mai. 

Boisson de mai, Waldmeister ou Meedrank

Ce vin de Mai était confectionné dans les régions de l’Est de la France et des pays germanophones, avec une  fleur d’une petite plante cueillie aux lisières des forêts : l’aspérule odorante. La fleur en question est la fameuse Asperula Odorata ou encore Waldmeister chères aux liqueurs allemandes et autrichiennes.

[1] Jean Markale – Le Christianisme Celtique – éditions Imago – pages 195 à 207 sur les survivances des usages du premier mai en France

La Nuit de Beltaine (1er Mai) – Les Banshee, les Dames Blanches

Publié 24 juillet 2017 par fransl
Catégories : Fêtes anciennes

Tags: , ,

La Lune frisonne et se reflète dans l’eau fraiche et pure de la fontaine. Alors l’écrevisse rêve de toucher l’Astre d’argent.

Voici la grande nuit confuse et inquiétante. Les Dames Blanches abandonnent les Aubépines blanches. Elles envahissent les landes, les vallées et les vergers blancs.

La chouette effrayée quitte les buissons ardents. Plus aucun souffle n’anime la nature flamboyante. Les Dames Blanches s’avancent. Les moineaux que cette ronde épouvante, se blottissent en silence.

Elles dansent, dansent et dansent. Elles emportent qui s’aventure ou s’avance. Elles dansent et chantent la romance. Dans cette folle nuit des Anges, les Dames Blanches dansent la farandole en transe.

Le coq sommeille encore. Mais Dieu faites qu’il chante et qu’il annonce la délivrance! La divine rosée le réveille enfin et  annonce le retour du Soleil dans sa magnificence et dans sa glorieuse renaissance.

Chantez merles! Sifflez moinillons et en chœur reprenez! Sonnez matines, angélus et clochers ! Eclatez églantiers! Ouvrez-vous muguets, aubépines, fleurs des champs et prunelliers ! Butinez abeilles! Trottinez chevreuils et sangliers! Sautez lapins! Chantez cascades, sources et ruisseaux ! Emerveillez-vous écrevisses ! Gazouillez jets d’eau et chantez l’éternel retour triomphant ! Emplissez vos cœurs de ses rayons d’or. Car reviendront les souffrances et la mort !

La Rose de Noël annoncera le retour des Dames Blanches pour une nouvelle nuit effrayante. Baies rouges et feuilles sanglantes tomberont pour un voyage étrange, si les oiseaux ne les mangent, et retrouver les Dames Blanches préparer la prochaine nuit terrifiante.

Rêve l’écrevisse sous la Lune d’Argent !

 

Autour de l’ancienne fête celtique Imbolc, au Luxembourg le 1er Février : Liichtmëssdaag

Publié 23 juillet 2017 par fransl
Catégories : Fêtes anciennes

Tags: , , , ,

Au Luxembourg, à la veillée de la Chandeleur, les enfants, armés d’un bâton prolongé d’un lampion, vont toujours chanter de maison en maison. Pour les remercier, les familles visitées leur offrent quelques douceurs ou la pièce. Cet usage est resté populaire au Grand-Duché. Elle rappelait que la charité devait s’exercer envers les plus faibles à la veille du Carême.

La tradition voulait qu’au cours de cette « Nuit des fées », les plus pauvres vinrent eux-mêmes se servir dans les foyers, un peu comme des voleurs. La coutume voulait aussi qu’ils s’introduisent par le conduit de la hotte-cheminée des habitations ; la dimension de celle-ci, dans ces régions, le permettait aisément et le lampion offrait l’éclairage indispensable à leur descente au cours de cette nuit à la sortie de l’hiver. Or, le sens de cette tradition, reprise sous une autre forme par les enfants est analogue à celle de la procession des cierges de la Chandeleur : apporter la flamme solaire descendue du ciel dans les maisons pour ses bienfaits et entre autre celui d’avoir pratiqué la charité… certainement. (Voir le billet sur la maison traditionnelle mosellane)

C’était aussi l’occasion pour les villageois de se réunir, de veiller, de parler, de manger la fameuse galette traditionnelle et de boire un peu de vin de Moselle, et aussi de chanter. On sortait pour l’occasion le beau  chandelier, de Känki, pour brûler un cierge béni. Au cours de cette soirée, les paysans versaient un peu de cire de ce cierge sur du pain qu’ils donnaient aux animaux domestiques afin que ceux-ci bénéficient également de la protection céleste. Dans la tradition celtique, le bétail était la seule richesse du paysan et c’est au nombre d’animaux que l’on estimait la fortune d’un propriétaire et non pas à la superficie de ses terres. Ces mêmes paysans, trois mois plus tôt, jour pour jour, au soir de la Toussaint (fête celtique de Samain), avaient allumé de semblables bougies sur les tombes de leurs défunts.

Au cours de cette soirée, les paysans versaient un peu de cire de ce cierge sur du pain qu’ils donnaient aux animaux domestiques afin qu’ils bénéficaient également de la protection céleste. Dans la tradition celtique, le bétail était la seule richesse du paysan et c’est au nombre d’animaux que l’on estimait la fortune d’un propriétaire et non pas à la superficie de ses terres.

Le bétail en luxembourgeois se dit Véi (prononcer féi). Il est proche du mot anglais fee qui signifie dans un sens premier: commission. En effet dans le monde celtique le règlement d’une dette, par exemple, se réglait en bétail.

La Chandeleur le 2 février – autour de la fête celtique Imbolc

Publié 22 juillet 2017 par fransl
Catégories : Fêtes anciennes

Tags: , , , , , , ,

Chandeleur vient de chandelle.  Ce jour là, l’Eglise organisait une procession et les fidèles portaient des cierges. Les processions enveloppantes, à cierges allumés de cette fête, comme celle des Brandons,  avaient pour but de répandre, dans tout le pays parcouru, la vertu fertilisante et purifiante de la flamme solaire descendue du ciel (voir la fête mosellane de Liichtmëssdaag). C’était un rite magique destiné non pas à agir sur la marche du soleil mais à répandre ses bienfaits.

Cette fête se situe environ  à 40 jours suivant le solstice d’hiver, une quarantaine nécessaire à l’incubation d’un événement pour se manifester pleinement. Ainsi la période de Noël s’achève avec la disparition de la crèche. De fait, tout évènement cosmique symbolise un autre évènement supra cosmique.  Ce décalage de 40 à 45 jours séparait la célébration des fêtes cardinales celtiques des grands événements cosmiques équinoxiaux ou solsticiaux auxquels elles se rapportaient. Par exemple, le 1er Mai marque  l’entrée dans l’été. Cette partie de la course du Soleil entre le 1er Mai et le 21 juin représente la montée dans la plénitude de l’événement qui suit une période d’incubation. Pour résumer, chacune des quatre saisons de l’année est composée d’une montée en puissance de 6 semaines, d’une apogée (solstice ou équinoxe) qui est la plénitude du cycle, puis d’une déchéance de 6 semaines environ qui aboutit au terme du cycle. Le cycle suivant prend effet simultanément au précédent lors de la fameuse nuit au cours de laquelle les fées étaient censées trouver l’hospitalité dans les maisons. Souvenons nous de la structure de la couronne de l’Avent : celle-ci se trouve ainsi composée de huit points alternativement de couleur blanche ou rouge.

La Chandeleur c’est aussi la fête de la purification légale de la Vierge Marie qui selon la loi Mosaïque intervenait 40 jours après la naissance de tout enfant. Il fallait offrir le sacrifice prévu par la loi, prescrite par Dieu à la sortie d’Egypte. Jusqu’à une époque encore récente, les femmes, après avoir accouché, assistaient à un office de purification à l’église, quarante jours après la venue d’un nouveau né. Sainte Brigitte, sainte patronne des accoucheuses, se tenait près la Vierge au moment de la venue du Christ au monde, dit la légende.

La Chandeleur est l’occasion de faire des crêpes. L’ancien calendrier Julien faisait intervenir l’entrée en carême juste après la Chandeleur. On se préparait à cette épreuve, entre autre, en préparant des gâteaux de sortes différentes d’une région à l’autre : fouaces, fougasses, beignets etc. L’usage voulait que les enfants aillent chanter de maison en maison et recevoir un gâteau ou encore le pain de Mardi-Gras. Dans les régions germanophones, les jeunes pâtres allaient  quémander de village en village le Pain de Carnaval:[1]petit pain chaud qu’on leur glissait volontiers dans leur sac à dos. Bien entendu le Bretzel de la Mi-Carême, un petit pain des régions germanophones, était un peu sec peut-être en temps ordinaire , mais il devenait savoureux au cours de ces temps de privations de la période de jeûne de quarante jours.

Enfin, ces fêtes anciennes foisonnaient de tradition, de coutumes, d’obligation etc. Par exemple:  Les templiers arrêtaient leurs comptes trois fois par an: à l’Ascension et aux deux fêtes sombres celtiques  de Samain du 1er Novembre et de la Chandeleur, Imbolc, jour où l’on fête également Saint Bernard qui eut une part importante dans la mise en forme de leur statut.

Locutions populaires :

A la Chandeleur si l’on remarque l’ombre d’un blaireau, le froid reprendra alors pour six semaines.

Si l’ours montre sa patte à la Chandeleur, alors il se recouche pour six semaines.

A partir de la Chandeleur les maçons peuvent à nouveau obtenir un crédit (fournisseur).

[1] Dat Fuesebrout (Luxembourg) – Heideweck le pain des païens (Allemagne)

La Sainte Véronique le 4 Février – autour de la fête celtique Imbolc du 1er Février

Publié 22 juillet 2017 par fransl
Catégories : Fêtes anciennes

Tags: , , , , , , , ,

Il existe dans les Evangiles deux saintes Véronique. Elles ont toutes deux un rapport avec les symboles liés à la fête celtique d’ouverture du Printemps Imbolc.

Véronique au voile du Christ

A la 6ième station du Chemin de Croix, une femme vient au secours du Christ au visage ensanglanté par son martyr et par la couronne d’épines qu’il doit porter. Cette femme couvre le visage de Jésus et l’essuie avec un voile pour soulager le futur crucifié. Le linge reproduit alors miraculeusement le visage tuméfié du Saint Sauveur.

Véronique la femme malade d’hémorragie permanente

Les Evangélistes rapportent qu’une femme est guérie ipso facto sur sa seule foi en touchant discrètement la  robe de Jésus à son insu. Or le Christ sans avoir vu cette femme demande: « qui m’a touché ? » se plaignant d’une immense fatigue à ce moment précis, Jésus ayant prit sur lui la maladie.

« Au 5ièmesiècle, Eusèbe de Césarée relate dans son Histoire ecclésiastique   (livre VII, § XVIII) avoir vu lui-même à Panéas (aussi connue sous le nom de Césarée de Philippe), devant la maison de la femme hémorrhoïsse « que les Saints Évangiles nous apprennent avoir trouvé auprès de Notre Sauveur la délivrance de son mal » (Mt 20) se trouvait une statue représentant Jésus « magnifiquement drapé dans un manteau » guérissant cette femme ; à ses pieds était figuré une magnifique plante médicinale, « antidote pour toutes sortes de maladie ».[1]

Cette précision nous éclaire sur l’origine latine de l’appellation Véronica Becce Bunga[2] de la plante du Cresson, que nous traduisons littéralement par Véronique des ruisseaux. Selon un ouvrage botanique allemand[3], cette plante médicinale soignerait les rhums, bronchites et pneumonies. Le livre précise qu’il s’agit d’une plante Rachenblüte, c’est à dire fleur de gosier ou de gorge. Le mot allemand Rache vient de Raubtiere : oiseaux de proie.

Par le Cresson Véronica Becce bunga et ses propriétés médicinales nous voici revenus, comme dans le billet précédent à propos de Saint Blaise au vent et aux mots de gorge.

Troublant est aussi la propriété du Cresson que nous donne l’ouvrage botanique cité plus haut : la plante serait liée au Glykoside, un produit naturel qui sous l’influence des agents d’hydratation peut former du glucose. Chose curieuse, le mot glykoside contient le mot lycos, le loup. Encore un lien avec Saint Blaise.

Certain voit un rapport de Sainte Véronique avec Mélusine. Certes Mélusine se transforme en Dragon après avoir été déçue de son mari Raimondin. Celui-ci l’avait rencontré un soir de pleine Lune près d’une fontaine. Le Dragon, entre autre, symbolise les quatre éléments si chers aux Druides.

Enfin, Sainte Véronique aux hémorragies, fêtée le 4 Février, a certainement un lien avec l’autre fête proche de la fête celtique d’Imbolc, fête de purification et de lustration : la Chandeleur, la purification de la Vierge. Un autre lien symbolique avec la fée Mélusine ?

[1] Wikipedia

[2] Bunga est le mot allemand latinisé de Bung qui signifie vergers ou terre agricole- Bongert en luxembourg.

[3] Lehrbuch der Botanik de Schmeil-Seybold – Verlag Quelle und Meyer – Leipzig – 1940

La Saint Blaise le 3 Février – autour de la fête celtique d’Imbolc

Publié 21 juillet 2017 par fransl
Catégories : Fêtes anciennes

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , ,

Imbolc, 1er Février, fête celtique de lustration et de purification. Elle ouvre le Printemps et donne lieu à de nombreux rites et coutumes.

Le proverbe disait :

A la Saint Blaise le 3 Février, l’Ours se réveille. S’il voit la Lune, il se lève, si non il se recouche pour 45 jours, c’est à dire le 20 Mars. Ainsi l’ours attendra la plénitude de la saison du Printemps qui débute avec Imbolc.

Blaise prend diverses significations. Blasen, souffler en allemand et Blez Loup en celtique, origine de la ville de Blois sur la Loire.

Les passages de saison provoquent des remous météorologiques. C’est aux changements de saison que l’on déplore des problèmes de santé, des décès et les dégâts que la nature peut provoquer en se déchaînant parfois avec violence. Les celtes craignaient le déchaînement des éléments naturels, comme le vent qui ravage parfois les campagnes et les toitures. Imbolc était l’occasion de suspendre au dessus des fenêtres donnant sur l’Ouest des objets de dévotions en paille séchée et tressée.

Saint Blaise est un saint auxiliaire  intercédé  pour la guérison généralement d’une partie du corps précise afin d’en chasser le démon à l’origine d’un mal. Il s’agit, notamment, des refroidissements, des maux de gorge, de bronchites ou de pneumonies. Ceci explique son lien avec le vent (blasen en allemand). Le prêtre catholique impose à la Saint Blaise deux cierges croisés sur la gorge de chaque fidèle venu ce jour là.

Saint Blaise guérit un enfant qui avala une arête de poisson. Celle-ci avait dû rester plantée dans sa gorge. L’arête fut un symbole de reconnaissance, comme le poisson même, des premiers chrétiens. Elle symbolisait également les épines de la couronne du Christ.

La gorge n’est pas sans rapport avec le Dragon. Dans plusieurs dialectes du sud de la France y compris dans la langue Basque, gorge se dit Garganta comme le géant Gargantua, le grand avaleur d’eau. Selon Rabelais, Gargantua est né également un Trois février, le jour de la Saint Blaise. Gargantua donna aux Angevins, qui lui avaient offert du vin rosé, son arête de poisson avec laquelle il se curait les dents, rapporte la légende.

Avant d’avoir eu la tête tranchée, on précipita le saint dans une rivière afin de le noyer, mais il fit un signe de croix et marcha sur l’eau. Voilà encore un rapprochement avec Gargantua, l’avaleur de l’eau, celui qui sauve des inondations. L’époque de la fête d’Imbolc est propice aux inondations. Enfin le Dragon n’est-il pas un familier des eaux, des lacs etc. ?

Le fils de Gargantua, Pantagruel, est né le 25 juillet, jour de la Saint Christophe, également saint auxiliaire et passeur de fleuve. L’eau est ce passage d’un monde à l’autre comme un passage saisonnier. Christophe était souvent représenté accompagné d’un chien ou d’un loup comme Saint Blaise. A la Saint Christophe le soleil entre dans la constellation du chien et la Terre dans la « canicule » et celle-ci coïncidait avec la crue du Nil.

Blaise vivait en harmonie avec les animaux en ermite, réfugié dans la montagne, les bêtes fauves venaient chaque jour le visiter et se faire caresser et puis recevoir sa bénédiction et ses soins pour leur guérison.

Le loup, Lycos en grec, symbolisait la lumière. La constellation de la grande Ourse lui fut consacrée[1]. Nombre de cours d’eau, souvent modestes, sont reliées par leur nom au Loup. Certes la Loire a été liée à l’Ours, mais ces deux animaux fantastiques ont tant de points communs pour  les confondre ou les associer à la Loire… qui arrose Blois. Blaise, le saint personnage se réfugiait auprès des animaux, mais il fut découvert par les chasseurs. Voici encore là un symbole rappelant aux hommes que le saint ne chassait pas et que l’homme avant sa chute était l’ami des animaux.

Sainte Agathe fêtée le jour suivant, le 4 Février, est le jour de la lactation des animaux. Coïncidence ?

La Saint Blaise, liée à Imbolc et donc à la Chandeleur, était l’occasion de confectionner des petits gâteaux ronds comme des crêpes ou comme le Soleil. Par exemple: parmi tant d’autres traditions : celle du pèlerinage de Metz  le 3 Février  à Saint Eucaire, la plus vieille église de cette grande ville, pour y faire bénir des petits pains viennois garnis de picots, afin d’être protégé des maux de gorge. Les picots rappellent encore une fois l’arête de poisson ou les épines de la couronne du Christ.

Pour finir, revenons encore à l’oeuvre de Rabelais. Son Gargantua n’est pas sans rapport avec les traditions évoquées dans ces quelques lignes. Le géant possède un rapport évident avec le Dragon lié à la fête d’ouverture saisonnière d’Imbolc. Nous ne manquerons pas de relire la guerre terrible des fouaces[2] entre fouaciers et bergers…[3]

[1] Le Bestiaire du Christ – Charbonneau-Lassay

[2] Fouace proche de Fougasse, est un petit pain brioché propre aux Pays de Loire, en Anjou notamment, non loin de Blois…

[3] En retrouve encore Saint Blaise dans l’exemple des Bergers de Rabelais. Saint Blaise est le patron des fileurs de laine en Angleterre, pour y avoir appris à peigner la laine…