La Moselle a été rendue à la navigation en 1964 par la création du canal qui porte son nom. La Grande Duchesse Charlotte du Luxembourg, le Général de Gaulle, et le Chancelier fédéral Allemand inaugurèrent en son temps cette réalisation, symbole du moment de l’entente franco-allemande. La construction de l’écluse Perl-Apach à la frontière franco – luxembourgo – allemande a demandé beaucoup de travaux, longs et difficiles. A cet endroit, entre les roches de nature dolomites du Hammelsberg en Sarre et du Stromberg franco-luxembourgeois, une barre rocheuse traversait la Moselle et présentait un obstacle à la navigation moderne et continue sur la rivière. Du temps de la navigation ancienne, les bateaux ne pouvaient poursuivre leur route, à cet endroit, sans débarquer préalablement leur marchandises, les eaux étant peu profondes à cet endroit. Une fois délestés, les péniches pouvaient franchir cette barre rocheuse et rechargeaient avant de reprendre leur navigation.

Ainsi, cette barre rocheuse, sorte de trait d’union entre les deux hauteurs des rives respectives de la Moselle, entre Stromberg et Altenberg, au point exact de convergence des Trois Frontières, gênait considérablement les travaux et la réalisation des ouvrages de canalisation. Il « fallut » donc employer les grands moyens: faire sauter cette barre, vestige d’une époque de tourmentes souterraines dues à l’opposition et à la rencontre de deux plaques volcaniques, semble-t-il.

Les ingénieurs décidèrent de poser des charges considérables de dynamite pour dégager la Moselle et lui trouver un nouveau lit sur lequel se coucherait la nouvelle écluse d’une taille particulièrement importante pour l’époque. Les explosions furent audibles jusque dans l’école de Rettel aux heures de classe. Les géologues ordonnèrent l’arrêt immédiat des opérations de minage. En effet, les secousses et les vibrations mettaient en péril la stabilité du Stromberg même. La montagne cette fois fut touchée vigoureusement, peut-être encore plus fortement que les explosions et les bombardements de mai 1940 et d’Août 1944. Elle souffrait et le faisait savoir.

Bibliographie

Extrait de  »La Roue Enflammée de Contz les Bains Les Feux de la Saint Jean, une Fête Celtique en Lorraine?  » – Francis André-Cartigny. Editions Fensch-Vallée.