Dans les années 1950, la municipalité décida, très officiellement, de doter le village d’un blason. Conçu, il a été déposé légalement. Sa maquette est exposée dans la salle de la Maison Commune. Il peut être utilisé en toute légalité par tous, il n’est pas attribué exclusivement à l’administration municipale.

Signe de reconnaissance d’une autorité politique ou religieuse, le blason représente le bouclier de la cité et de son chef pour le combat pour le bien matériel et spirituel de ses assujettis. Il s’agit du bien commun. Les motifs choisis parmi les règles des plus absolues de l’héraldique sont d’une haute signification symbolique, de la plus haute tradition et rappellent les principes qui président à la conduite d’un groupe particulier.

Les armes de Rettel représentent Saint Sixte, fondateur du couvent, martyr et pape, second du nom. Coiffé de la tiare, debout, il brandit dans sa main droite une clef géante et dans sa main gauche il présente le livre des Ecritures Saintes. L’or de ses vêtements pontificaux rappelle la révélation divine dont il bénéficie. Sa position droite, rigide, rappelle son rôle de pontife, d’intermédiaire entre le Ciel et la Terre. Du ciel il reçoit toute l’inspiration divine et la communique au monde entier, comme le symbolise son long manteau étendu sur une grande largeur.

Le village de Rettel créé peu à peu autour du couvent jusqu’à la Révolution, jouissait d’un statut particulier du Duché de Lorraine grâce à sa Chartreuse.

Le blason présente une triade, soit trois éléments interactifs entre ciel et terre par son intermédiaire.

La tiare en or rappelle que le pontife reçoit toute l’inspiration divine : sa tête « plonge » dans le ciel, dans le « Non Manifesté ».

La clef en or, en position axiale est un des mystères des plus fermés, ceux de l’initiation sacerdotale, par « opposition », à la clef d’argent réservée à l’initiation royale. Elle symbolise la langue, c’est à dire la parole mais aussi la clef du cœur et de la pensée. Le pontife est l’intermédiaire des Trois Mondes entre Ciel et Terre (Entre le non manifesté et le manifesté), et détient le pouvoir de lier et de délier, c’est à dire de ce qui touche à la vie et à la mort.

Le Livre. Un livre est ouvert ou fermé, et en cela il est complémentaire de la clef, donc à de la parole, du cœur et de la coupe. Placé horizontalement, il signifie que les écritures transcrites par la parole ne peuvent être lues que par la parole. Figée par nature, l’écriture est le support à la recherche constante de la vérité. Le sens horizontal du livre rappelle l’infaillibilité doctrinale.

Le fond de ciel est de couleur argent, mot venant du grec Argos : la lumière et voyage. Par les grâces particulières reçues du ciel, le pontife a le pouvoir de lier et de délier, d’ouvrir la voie de la vie.

Enfin, les initiales de Saint Sixte sont de couleur gueule, du feu dévorant, rouge et jaune ou blanc, indéfinissable. La lettre S symbolise également la clef celle du prêtre guérisseurs c’est à dire du pouvoir de vie et de mort.