Monnaies frappées à Sierck par le Duc Jean 1er

Le Gros d’argent de Jean 1er de Lorraine

La résidence des princes Charles II et Jean I, attira à Sierck, un atelier monétaire ; il nous reste d’eux des monnaies de bas-argent et de billon portant le nom de Sierck : Moneta in Sierk – Moneta Sierk. Ce n’était pas une prérogative permanente accordée à la ville par une concession du souverain ; mais un avantage momentané, borné à la durée de leur résidence. Ce sont des monnaies palatines.

Références : Recherches historiques sur les Monnaies de Metz, sous les divers Gouvernement de cette et de sa province.

Pièce n° 1

Autre Gros de Jean I Ecusson de Lorraine (d’or à la bande de geules chargée de trois alérions d’argent) + IOHANNES . DUX . LOTHOR . ET . MAR. – Deux épées croisées. Croix occupant le centre – Double légende. Légende extérieure : + BNDICTV . SIT NOME / DNI . NRI . IHV . XPY – Légende intérieure : MONETA . SIERK Deux épées croisées. Poids 51 gr.

Quart de Gros

Ecusson de Lorraine + IOHES DVX LOTHOR Epée en pal. De chaque côté de l’épée une rosace. Moneta IIN SIERK 13 grains 1/3 environ inédite.

Pièce n° 2 Celle dite de la Saint Jean

Sur le premier côté : Deux écussons simples de Lorraine, placés l’un à côté de l’autre, avec une sorte d’étoile flamboyante à 6 rais, et au-dessus, occupent le champs de la pièce,et l’inscription suivante en fait le tour : + IOHES GRALOTHR – DVX – MAR. (+Johannes Déi Gratia Lothoriensis Dux et Marchio.)

Le second côté du gros, ou le revers : Présente une grande croix, aux quatre branches égales, cantonnée de quatre étoiles flamboyantes à 6 rais, avec l’inscription qui fait le tour du champs : + MONETA – DVCIS. LOTHR . IN . CIERK (+ Moneta Ducis Lothoriensis in Cierk.) Poids 46 grains – inédite

Il est courant de supposer que le Duc de Lorraine, Jean 1er, fût l’initiateur de la fête de la Saint Jean Baptiste dans le Val de Sierck et qu’à cette occasion la population de Contz faisait dévaler une roue en feu des pentes du Stomberg. (1)

Il probable que le Duc Jean ait donné un souffle nouveau à cette tradition et peut-être même qu’il lui a apporté un aspect philosophique nouveau. Toujours est-il que peu d’éléments nous confortent totalement dans cette idée. L’origine païenne, celtique et même indienne de cet usage, n’est pas du tout à écarter, au contraire. Ces traditions orientales comme toutes véritables traditions sont universelles et bien entendu communes à la tradition chrétienne par leur ésotérisme.

Il est question également d’une pièce de monnaie, d’un gros d’argent, frappé pour l’occasion de la Saint Jean, par l’atelier monétaire ducal de Sierck, au cours du règne de Jean premier. Elles sont en partie décorées d’étoiles flamboyantes. L’abbé Ledain y voit des torches enflammées, telles que l’on en confectionnait à l’occasion de la descente de la Roue (1). Peut-être ? Elles peuvent également représenter les flammes d’une roue en feu. Jean Premier a pu faire frapper ces pièces pour l’occasion certainement, mais aucune date ne figure sur ces monnaies. Il est fort probable que ces étoiles en feu, aient été placées à dessein sur ces pièces plutôt pour des raisons philosophiques en rapport avec la Fête de la Saint Baptiste. Nous tâcherons d’aborder cette idée dans un prochain billet.

(1) Les feux et la Roue flambloyante de la Saint Jean à Sierck sur la Moselle – Abbé Ledain – Imprimerie Even – Metz 1887