Traduction libre d’un article rédigé en allemand du journal Courrier de Metz du 20 Juin 1952 (voir l’article original) Sierck les Bains.

Un vieil usage : la fête de Saint Jean et la Roue de feu

Selon un très vieil usage, à la veillée de la fête de la Saint Jean, ce 29 Juin, les jeunes Contzois feront dévaler du Stromberg une roue en feu. On retrouvera les traces de cette coutume en remontant longtemps dans l’histoire de la Commune et de la région. Selon la tradition, les jeunes de Basse-Contz, passaient, déjà plusieurs jours avant la dite fête, de maison en maison, quêter la paille nécessaire à la confection de la roue de feu. Chaque famille donnait au moins une botte de paille. Avec la paille rassemblées une lourde roue de 200 à 300 kgs était construite sur les hauteurs du Stromberg et mesurait environ 13 pieds de hauteur. Le solde de la paille servait à confectionner des falots remis aux hommes et aux garçons qui prenaient place tout autour de la cérémonie. Les femmes et les filles n’avaient pas accès, alors, au Stromberg. Elles devaient attendre sur le versant de la colline près de la Fontaine de la Burbach pour la saluer avec des cris d’allégresse à son passage. Les jeunes filles à cette occasion faisaient toutes sortes des vœux qui devaient se réaliser.

Le début des festivités commençait vers 21 heures au signal lumineux du Maire de Sierck. Jadis trois salves de canon tirées du château donnaient le départ ainsi qu’un coup de fusil tiré de la maison communale. Quelques solides gaillards saisissaient alors la roue et la poussaient jusqu’à ce son emballement. Arrivée dans les coteaux son élan était à nouveau appuyé. Entretemps des hommes et des jeunes gens, munis de flambeaux, avaient pris position tout du long du parcours. Si la roue atteignait la Moselle, alors les Sierckois offraient aux habitants de Contz 24 hottes de vin (9hl et 89 l). C’était pour les vignerons un signe de bonnes récoltes à venir. Ce fût le cas en 1822. En revanche la course de la roue se terminait-elle dans les buissons ou restaient plantée, alors les jeunes Contzois offraient à la Commune de Sierck, le jour suivant, un panier de cerises.

Quel est le sens de cette fête de la Saint Jean de la Roue en feu ?

Selon l’historien Jean Trithème un certain Paul, consacré évêque de Verdun en 622, se retira dans la région de Trèves précisément sur les hauteurs de « Gebenna, en face de l’abbaye Saint Martin. Dans les environs de sa retraite il découvrit un temple païen consacré à Belenus ; il pris la statue de ce dieu et la jeta dans la Moselle. En mémoire de cette action, les bouchers de Trèves firent dévaler des hauteurs de Gebenna une roue en feu. Sierck n’étant qu’à 40 kilomètres de Trèves, la nouvelle parvenue aux habitants.

Selon d’autres écrits, nos ancêtres, firent des feux sur les hauteurs, notamment sur le Stromberg, à l’occasion du Solstice, afin de marquer le commencement de l’Eté, ou, encore les Contzois fêtaient la Saint Jean pour conjurer la peste et aussi en reconnaissance de l’aide que leur apporté leur grand saint dans ce malheur.

Pour le Sierckois, la Saint Jean prend une tout autre signification. Quand la Lorraine était encore duché, ses ducs aimaient se rendre à Sierck, cadre champêtre exceptionnel pour la bonne saison. Le Duc Jean 1er fut un hôte très aimé de la population du Val de Sierck. Afin de lui rendre hommage les Contzois firent dévaler une roue en feu des pentes du Stromberg à la Saint Jean. Pour l’occasion l’entrée de la ville était libre et une grande foire avait lieu ; c’était l’occasion, pour le duc, de remercier ses fidèles « bourgeois » en franchisant certains. Le Duc offrait deux hottes de vin pour la fête.

Quel que soit l’origine et le sens de cette fête, elle s’est perpétuée depuis des siècles de génération en génération. Chaque année des festivités sont organisées à la Saint Jean et sont fortement appréciées des visiteurs.