Après la Première Guerre Mondiale, la Sarre est détachée du Kaiserreich par le Traité de Versailles de 1919 et placée sous l’administration de la Société des Nations.

En 1935, le 13 janvier, les autorités sarroises organisent un plébiscite pour un rattachement à l’Allemagne ou à la France ou sous un statut sous contrôle de la Société des Nations. Le pays est fortement catholique. L’action du Vatican, durant les préliminaires de ce plébiscite, tentera d’encourager un vote défavorable envers le nouveau Reich. En revanche, malgré les incertitudes quant au statut futur des catholiques en cas de réunion à l’Allemagne, les évêques de Trèves et de Spire, en charge de l’Eglise sarroise, engagent les électeurs à voter pour un retour à l’Allemagne, malgré les persécutions nazis envers les catholiques. Finalement, les résultats du referendum s’établirent à 90,8% pour l’Allemagne et les restes des suffrages furent partagés entre la France et le SDN.

Après la Seconde Guerre Mondiale, la Sarre est à nouveau occupée militairement par l’armée française et progressivement rattachée économiquement à la France sous la forme d’un protectorat. Implantée en Sarre, la filiale de la Banque de France à Sarrebruck, créa en remplacement du Mark Sarrois, le Franc Sarrois, un signe monétaire rattaché au Francs Français.

Cette « initiative» française provoque des interrogations de la population sarroise et  posera la « Question Sarroise » au cœur du dialogue franco-allemand pour la réconciliation. Cette affaire refroidira les relations entre les deux pays. Elle aboutira aux Accords de Paris du 23 octobre 1955 prévoyant un statut européen pour la Sarre dans le cadre de l’Union de l’Europe occidentale (UEO). Les rumeurs de tel projet circulaient déjà bien avant même la guerre achevée. Les Sarrois furent donc consulté à nouveau et rejèteront par 67,71% des suffrages exprimé ce projet, renvoyant ainsi dos à dos les gouvernements allemand et français.

Réunis à Luxembourg le 27 Octobre 1956 les Ministres des affaires étrangères allemand et français conclurent un accord de retour pur et simple de la Sarre à la République Fédérale Allemande à compter du 1er Janvier 1957. Toutefois, l’union économique et monétaire entre la France et la Sarre sera maintenue jusqu’au le 31 Décembre 1959, au plus tard. Le jour effectif restait inconnu. Il fut nommé le Jour  X, der Tag X.;  il intervint subitement le 5 Juillet 1959 à minuit. Dans la nuit les postes frontière sarrois s’ouvraient vers la RFA et se baissaient vers la France, sous le contrôle des gardes frontaliers fédéraux. Cette période complexe à double législation avaient marqué la population.

Désireuse de préserver et de développer les liens économiques avec la Sarre, les instances économiques françaises favorisèrent la création de la Banque Franco-Sarroise à Paris en toute urgence avant Juillet 1959. Lors de l’intégration officielle du Land de Sarre dans le Bund Allemand, la raison sociale de la banque changea en Banque Franco-Allemande. Ainsi la première banque allemande pu s’établir à Paris malgré les contraintes drastiques imposées à l’Allemagne lors de sa capitulation, notamment en matière bancaire et financière. Le capital du nouvel établissement bancaire sera détenu par la Landesbank und Girozentrale Saar (LGS) de Sarrebruck à une majorité de près de 90%, le reste étant réparti parmi les autres Landesbank de chaque land allemand fédérant les Caisses d’épargnes allemandes – Sparkasse.