Monseigneur Paul Georges Marie Dupont des Loges (1843-1886) occupe le trône épiscopal de Metz au moment de l’invasion allemande de 1870 et au début de l’annexion en 1871. Né à Rennes en 1804, il fait ses études au petit séminaire de cette ville, puis au séminaire de Saint-Sulpice à Paris. Il est ordonné prêtre le 20 décembre 1828 par Monseigneur de Lesquen, évêque de Rennes. En octobre 1834,  il est nommé chanoine honoraire.

Monseigneur de Poulpiquet, évêque de Quimper, le voulu comme coadjuteur en vue de sa succession. Royaliste légitimiste, le gouvernement s’opposera à son élévation à l’épiscopat. L’Ouest de la France n’avait encore pansé ses plaies depuis les tragiques évènements de la Guerre des Chouans. En 1835, l’évêque de Blois lui propose les fonctions de vicaire général, mais il refuse. En octobre 1840, il devient vicaire général de Mgr Morlot, évêque d’Orléans. Deux ans plus tard il est nommé évêque de Metz et consacré en Mars 1843 dans la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice même.

Durant son épiscopat, Mgr. Dupont des Loges eut à cœur de développer l’enseignement pour tous, agissant au mieux dans le cadre de la loi de 1850 sur la liberté de l’enseignement. A Metz, il défendit vigoureusement l’enseignement religieux en allemand,bien avant l’annexion, face aux autorités françaises. Il déclarait alors qu’interdire l’allemand dans l’enseignement religieux était un acte contre Dieu. Mais devant l’autorité allemande, il défendra l’enseignement de la religion en Français dans les zones francophones annexées du Sud-Ouest du Diocèse (Dieuze, Marsal etc…). Il était essentiel que les catéchisants et les fidèles soient enseignés dans leur langue, afin de bien accueillir la parole divine.

Il réalise la construction du célèbre petit séminaire de Montigny-lès-Metz, grâce à la générosité des fidèles du diocèse. Il fonde en 1863 un séminaire de philosophie au côté de celui de théologie.

Soutenu par l’Eglise de France, il fut un grand partisan de la France en Lorraine face à l’annexion allemande. Elu député au Reichstag en 1874, il se déclare député protestataire, où il exigea que la population annexée puisse s’exprimer à propos de son incorporation forcée au nouvel empire allemand. Il s’opposa à ce sujet à Mgr Raess, évêque de Strasbourg qui précisait que nulle population catholique en Alsace-Lorraine ne remettait en cause le Traité de Francfort. Il ne siègera au Reichtag qu’une seule fois en trois ans.

Les pouvoirs des évêques, et notamment de celui de Metz s’affaiblirent. Dans l’intérêt de la population, il entretenait de bonne relation avec le Maréchal Manteufel président de l’arrondissement de la Lorraine.  Le prélat lui refusa pourtant les insignes de l’ordre royal de la couronne.

Il décéda en août 1886, Monseigneur François-Louis Fleck lui succéda.