En 1436, le nouveau Duc de Lorraine, le bon Roi René (1408-1480), duc d’Anjou, de Bar, compte de Provence, roi de Naples et de Sicile donnera la fameuse Croix d’Anjou à la Lorraine après avoir épousé Isabelle de Lorraine, fille de Marguerite de Bavière et de Charles II. Comme ses prédécesseurs français, il portait une grande dévotion à la « Vraie Croix » ramenée de Terre Sainte et pieusement conservée en Anjou.

Son petit fils, René II, attaqué par Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, qui voulait annexer la Lorraine, orne ses drapeaux et les tenues des soldats de la Croix à double traverse. Vainqueur à la Bataille de Nancy le 5 janvier 1477, René fit assécher l’étang où fut retrouvé le corps du Téméraire et ériger un socle de bois surmonté de la représentation de la Sainte Croix à double traverse.

A la demande du Duc René 1er, une collégiale sera créée à Marienfloss, près de Sierck en Lorraine Allemande, sur le site d’un couvent de Chartreux, partis pour Rettel, village voisin. Ils occupaient les lieux depuis 1415 et furent à l’origine d’une forme originale de la médiation du Rosaire. Cette nouvelle collégiale sera placée sous le patronage de Notre Dame de Liesse située près de Laon. C’est en quelque sorte l’accomplissement du vœu que fit René d’Anjou à la Vierge lors de sa captivité à Dijon par le Duc de Bourgogne. Il fut libéré grâce à une rançon et surtout grâce à l’aide de Notre Dame de Liesse patronne des prisonniers.

René d’Anjou est un Valois. Il connaît bien Notre Dame de Liesse, car tous les Valois et tous les Bourbons, c’est-à-dire tous les rois de France auront tous été en pèlerinage personnel et par tradition à Liesse. La Lorraine passe depuis discrètement sous l’influence française avec le mariage d’Isabelle et de René.