Ses origines sont à Luxembourg. Au 15ième siècle la Cour de Londres rend visite à celle de Luxembourg et découvre une façon originale pour un homme de cour de déclarer sa flamme à la femme de ses rêves en lui offrant à la Saint Valentin un simple cadeau en toute discrétion. Cet usage venait des campagnes de cette région. La cour anglaise adopta cette charmante tradition qui se propagea dans le monde anglo-saxon. Celui-ci a l’art de renvoyer aux continentaux leurs propres traditions, mais arrangées à leur goût. Halloween en est un des exemples.

La fête venue, dans les campagnes, les jeunes gens, les « Valentin », vont à la rencontre de leur « Valentine », qu’ils auront remarqué,  peut-être au bal de la kermesse du village de l’été dernier ou dans un mariage auquel ils furent conviés. A la sortie de la messe, ils leur  offraient leur cœur sous la forme d’un Bretzel1. Ainsi averties, les élues ne répondront pas immédiatement, bien sûr. Elles devront réfléchir, pour celles qui auront été surprises de cette déclaration inattendue, peut-être, et elles attendront la fin du carême, pour se déterminer. En ces temps, les familles avaient leur mot à dire. Le jour de Pâques, les Valentine, si elles répondaient affirmativement à leur soupirants, leur offriront tout simplement un œuf de Pâques.

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Pour une jeune fille, offrir un œuf à un garçon était un engagement fort. Le symbole de fécondité est énorme ! En effet, l’ultime objet du mariage était de fonder un foyer afin d’avoir beaucoup d’enfants et de les élever dans la Tradition.

Les campagnes restèrent longtemps fidèles ou soumises à de vieilles traditions héritées de l’ancien monde celtique. Les fêtes importantes, solaires, étaient l’occasion de se livrer aux arts divinatoires simples. Par exemple, savoir lequel des jeunes fiancés partirait en premier dans l’autre monde après une vie bien comptée ? Offert sur le parvis de l’église même le jour de la mi-carême, le Bretzel allait se faire l’interprète de la Providence, au cours de l’échange. Au moment même où il passait de la main du jeune homme à celle de la promise espérée, il était convenu que chacun retint légèrement l’objet offert, mais suffisamment pour  qu’il se déchira en deux parties. La plus courte restant dans les mains de l’un des d’eux désignait celui qui le premier partirait dans l’autre monde, si toutefois l’union se réaliserait. Les années bissextiles inversaient l’ordre des choses. C’était alors aux jeunes filles d’offrir le bretzel au garçon et le sort était interrogé de la maison façon.

Il en était ainsi dans le monde ancien et celtique. Les fêtes religieuses symboles de ruptures lors de certaines conjonctions astrales, préfigurent le chaos où l’homme est plus réceptif aux messages de l’au-delà.

1 La taille habituelle d’un Bretzel est d’environ 20 à 25 cm. C’est le pain offert en attendant Pâques, le retour du soleil, et c’est déjà une pâtisserie idéale pour la mi-carême en attendant que ce long carême de 40 jours s’achève. L’authentique figure de boulangerie aux gracieux entrelacs celtiques est une pâte sèche au saindoux, très cuite et recouverte préalablement d’un vernis alimentaire et de gros sel. La pâte sera roulée de façon à obtenir une corde fine. Placée sur une plaque en tôle en demi-cercle, la corde de pâte sera liée simplement comme un fil, ce qui lui donnera cet aspect gothique, survivance du symbole solaire hyperboréen du Julbrot. Mais à y regarder de plus près, ce Bretzel ne rappelle-t-il pas les deux anneaux, des alliances que les futurs mariés s’échangeront et que seul la mort pourra briser ?

Enfin dans les familles en ce Dimanche de Laetare, il était courant qu’au petit déjeuner les enfants recevaient un Bretzel géant ou une autre figure confectionnée en pâte viennoise selon l’humeur de la Maman. La viennoiserie est la universelle des pays germanophones.