Valmy a changé le cours de l’histoire du Monde, selon l’expression même du philosophe allemand Goethe, présent au cours des opérations: « Aujourd’hui la face du monde aura changé ».

Le Duc de Brunswick, le généralissime des forces adverses, semblait peut enclin au combat et Dumouriez de le général en chef de l’armée française semblait vouloir éviter  l’affrontement. Tous deux étaient « philosophes et francs-maçons »1.

Le Roi de Prusse, également sans grande conviction à la tête de son armée souhaitait en finir rapidement et rentrer à Berlin. Les belligérants se cherchaient ou s’évitaient pour finalement se croiser incidemment aux environs de Valmy. Combat ou non ? A Paris, les révolutionnaires réclamaient un fait d’arme rapide mémorable ou la victoire et rehausser ainsi l’éclat de la proclamation de la 1ère République.

Le choc des deux armées se produit vers 13 heures, quand soudain  le ciel s’assombrit et le tonnerre gronda provoquant une grande  confusion  dans les rangs des troupes. Les Français, les volontaires de la Convention, dressés les armes à la main, hurlent avec férocité : « Vive la Nation ! ». En face, en premières lignes de pauvres bougres de paysans catholiques de Haute Silésie précèdent la cavalerie de l’armée prussienne et vont être les offrandes de ce sacrifice sanglant.

Soudain, les colonnes prussiennes, aux environs du lieu dit « le Croissant » se mobilisent et avancent. La canonnade française commença quand l’orage violent éclatait à cet instant même. Le feu des obus se confondait aux éclairs et la grenaille mêlée à la grêle s’abattit sur les Silésiens en marche vers la côte des « Maigneux » et tentaient d’atteindre le Moulin situé en hauteur à quelques dizaines de mètres seulement. Pour cela il fallait franchir un vallon, lequel accueille aujourd’hui l’autoroute. Les Silésiens tremblent et craignent la mort. Ils jettent leurs jeux de cartes et la viande volée la veille par crainte de la colère divine. Ils sortent de leur poche leurs chapelets qu’ils égrainent. La canonnade dure près de 20 minutes et c’est un carnage parmi ces hommes massacrés entre le vallon et Maigneux. Ainsi s’achève « Valmy ». Les coalisés reprennent le chemin du retour et le monde peut basculer.

Combien d’automobilistes, peut-être  descendants des acteurs de cette journée historique, ont-ils conscience de franchir à grande vitesse les « Maigneux », le champ des Martyrs Silésiens? Que sont devenues leurs cendres ?

Sources

Arthur Chuquet – Valmy – 1887 – Librairie Leopold

1 Journal le Monde du 21 septembre 1992 – La Bataille de Valmy – article de Nicolas Weill