Le Royaume de France nomme officiellement l’ancien Bailliage d’Allemagne « Lorraine Allemande » après l’acquisition du Duché de Lorraine. La Révolution Française et  tous les régimes politiques qui suivront jusqu’en 1871 reprendront cette appellation.

Le Bailliage d’Allemagne cité dès 1204, s’étendait largement sur les terres de l’actuel Land sarrois et le Palatinat actuel. En revanche, le Thionvillois,  au Nord-Ouest ne fut jamais lorrain, historiquement. Partie intégrante du Comté de Luxembourg depuis 989, d’expression germanophone, les deux forteresses, de Thionville (Diddenuewen) et de Rodemack (Ruedemaacher), furent rattachées à la France par le Traité des Pyrénées de 1659. La France nomma très officiellement  le Pays Thionvillois « Luxembourg Français » jusqu’en 1871 années de leur annexion au Kaiserreich.

L’appellation « Lorraine Allemande » est largement utilisée par la France au 17ième siècle, notamment au cours de l’expédition française de 1674 en Alsace et en Lorraine. Turgot, intendant à Metz, l’utilise également en 1697 dans ses rapports avec le Roi. Ses successeurs emploieront également cette appellation. Le qualificatif d’ « Allemand » ne disparaîtra pas avec la Révolution Française. Cette dénomination prendra peu à peu une connotation étrangère du fait de la nouvelle vision de la nation mais elle fut maintenue, étant précisé qu’il s’agissait d’une population germanophone, analogue à celle de la Suisse Allemande, sur le plan linguistique.

La Convention gomma les limites de l’ancien Duché de Lorraine puis entrepris la départementalisation en 1794.  L’expression Lorraine allemande survécue toujours mais elle devait rappeler  une zone « étrangère » à franciser et commença la lutte linguistique en Alsace et en Lorraine. Survint la guerre Franco-Allemande de 1870 et le Traité de Francfort. Ainsi prirent fin les luttes linguistiques,  pour la langue allemande à l’école, qui fut la langue d’enseignement et de communication traditionnel du bailliage d’Allemagne. Avec l’annexion d’une zone romane et francophone, Metz et ses proches alentours  et le long de la nouvelle frontière franco-allemande, une nouvelle  lutte s’ouvrit pour la langue française à l’école dans contrées.