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Francis André-Cartigny

Musique et rythme

Les sociétés anciennes organisaient la vie sociale et spirituelle en répondant à l’offre harmonique des cieux ou de l’univers. Elles exprimaient cette communion par des réalisations diverses architecturales, musicales, picturales etc., conformes aux principes supérieurs. Les sociétés nomades vivant dans l’espace, sous le ciel, exprimaient le mieux leur accord avec celui-ci, notamment par leur art musical propre.

Monsieur Ananda K. Coomaraswamy, note dans son ouvrage « La doctrine du sacrifice » : « Le genre auquel appartient la musique indienne ne s’est maintenu en Europe qu’avec le chant grégorien, qui lui-même représente un style de haute antiquité, peut-être d’origine babylonienne. » (Lachmann, Musik des Orients, 1929)

« Il n’est pas facile d’expliquer avec des mots ce que signifie la musique indienne… ni commencement, ni fin ; c’est l’ondulation et le va-et-vient du cours incessant de la vie » (Keyserling, Travel Diary)

« Nous ne savons que dire d’une musique qui est traînante sans être sentimentale, et qui exprime la passion sans véhémence » (Fox-Stranways, Music of Hindustan). A titre d’exemple, la musique romantique de Beethoven est l’antithèse des musiques traditionnelles.

L’auteur ajoutait encore « … Les notions d’infinité, d’éternité de récurrence, sont impliqués non seulement dans le fameux symbole du serpent qui se mord la queue, en ce sens « infini », mais aussi dans tous ces anciens motifs représentant des formes de serpents et de dragons entrelacés dans lesquels commencements et fins sont confondus et dans les célères dessins d’entrelacs et de nœuds dont le tracé qui les compose n’a ni commencement ni fin. »

Pour conclure ce très bref aperçu nous rappellerons que la société moderne se représente un monde linéaire, à l’image de son idée du progrès sans fin, alors que la société traditionnelle voit le monde selon une courbe ou un cercle et d’un éternel recommencement. Les entrelacs antiques le rapellent.

Le développement considérable de l’accès à la musique que permettent les technologies modernes, les médias et les moyens de communication, a rapproché considérablement les hommes de la musique et de ses rythmes. Or, nous avons vu que le rythme est déterminant pour l’équilibre du monde et de l’humanité. Le lecteur pourra apprécier par lui-même le rôle et les conséquences de la musique actuelle et de ses effets.

Extrait d’un psaume indo-pakistanais

Sources

Ananda K Coomaraswamy – La Doctrine du Sacrifice – Dervy Les Fêtes Celtiques – Françoise Le Roux et Christian-J Guyonvarc’h – Ouest France Université

La Civilisation Celtique – Françoise Le Roux et Christian-J Guyonvarc’h – Ouest France Université

Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps – René Guénon – Gallimard

L’art et l’Artisanat – Albert Gleize

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Cette entrée a été publiée le 18 novembre 2017 par dans Symbolisme, et est taguée , , , .
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