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Francis André-Cartigny

Prologue aux substrats celtiques de nos fêtes

Le monde celtique était vaste. Composé de nombreuses tribus, dites indo européennes, il se déploie progressivement vers 800 ans avant J.C. dans une majeure partie de l’Europe continentale occidentale et sur les Îles Britanniques, en Irlande notamment. Face à Rome et ses conquêtes, il disparait progressivement, défait et persécuté. Sa culture survivra, parfois clandestinement, malgré une longue assimilation romaine et plus tard traqué par l’Eglise romaine. Cette survie se comprend par l’esprit tribal et autonome des innombrables sociétés traditionnelles dispersées. Langue, croyances, et fidélité aux druides unissaient ces rescapés, même dans l’adversité.

L’Europe a conservé une part d’héritage celte. Au milieu du 12ième siècle encore, Saint Bernard, envoyé du Pape, sermonne les populations des grandes régions rhénanes contre leurs pratiques païennes druidiques que l’Eglise impuissante ne peut éradiquer. C’est dans les milieux campagnards, que les pagus (les paysans ou païens), à l’abri des villes et du pouvoir conservent leurs traditions millénaires.

Les prodigieux moyens de communication de nos temps ont en quelques décennies laminé des milliers d’années de traditions antiques, extrêmement riches et variées. Pourtant beaucoup de nos fêtes et coutumes restent teintées de cette culture celtique; l’Eglise romaine n’ayant pu totalement éradiquer usages et croyances druidiques. Nos fêtes religieuses chrétiennes masquent encore quelques pratiques héritées de ce monde mystérieux.

Cartographie CNDP 2010.

Les Celtes ont fait preuve d’une grande capacité d’assimilation culturelle face aux peuples en place. Ces sociétés tribales n’ont jamais constitué une nation au sens moderne du mot. Pourtant c’est leur langue et leur même religion qui les unissaient chacune, y compris dans l’adversité inévitable des rapports tribaux. Elles défendaient leur particularité au regard de l’universalité.

Le principe de la philosophie druidique reposait sur la pureté de l’esprit, considérant que la méditation, la mémoire et la parole suffisaient, alors que l’écrit et les œuvres figuratives peu présentes risquaient de dénaturer l’expression. La vérité venant d’un monde inexprimable, les sages trouvaient les réponses à leurs questions au travers de la création, divine, dans la nature et dans les astres. Le druidisme est une Tradition orale. Celle-ci rompue, l’ensemble des connaissances acquises regagneront les mystères du non-être. La disparition des dialectes, par essence orale, tant combattus, fut un naufrage culturel inestimable.

La technologie des moyens de communication ultra rapides a réduit, voir supprimé les distances et elle a bouleversé nos attaches spirituelles au profit d’une vision générale nouvelle de l’humanité. La disparition apparente du temps a altéré notre mémoire. L’homme est sorti des chemins de son histoire pour voler librement comme un oiseau et embrasser d’un seul coup tous les horizons.

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Cette entrée a été publiée le 20 novembre 2017 par dans Fêtes anciennes, et est taguée , , , , , .
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